Atelier de recherche du 19 déc. 2007 - Le management responsable : une nouvelle approche de l’individu ?
Par Marc Amblard, dimanche 25 novembre 2007 à 17:33 :: Finance :: #10 :: rss
Chers collègues,
nous nous retrouvons le 19 décembre à 14H pour un nouvel atelier de recherche consacré au management responsable et à la place de l'homme dans les sciences économiques et de gestion.
- Nous écouterons dans un premier temps notre collègue Nathalie Costa qui exposera ses travaux sur ce thème.
- Un aspect strictement méthodologique du problème sera ensuite abordé : de l'individualisme assumé au holisme refoulé.
- Nous débattrons enfin du nouveau classement CNRS et de son impact sur la stratégie de publication de l'IREBS.
Au plaisir de vous retrouver le mercredi 19 décembre.
Marc Amblard.
Le management responsable : une nouvelle approche de l’individu ?
L’objet de cette communication consiste à se demander si l’individu peut s’adapter ou est fait pour une entreprise devenue responsable.
La théorie économique dominante retient une approche très limitée de l’individu envisagé sous les seuls aspects de l’opportunisme, de la maximisation, prêt enfin à renier ses valeurs pour un bien ou un prix qui lui permettrait d’augmenter sa satisfaction (Jensen & Meckling, 1994). Cet individualiste, dont les besoins sont illimités, ne peut a priori guère envisager autre chose que le présent pour lequel il a une préférence et il préfère toujours plus de biens à moins de biens.
Or, le Développement Durable suppose une vision de long terme, une anticipation des besoins des générations à venir et donc une solidarité, l’homo oeconomicus ne possédant aucune de ces qualités. Ainsi, penser qu’une génération puisse envisager une forme de sacrifice pour assurer la survie des générations futures et de la planète n’est pas tenable.
Il n’en demeure pas moins que la visions que nous retenons n’est pas universelle : affirmer que tous les individus sont ainsi « programmés » n’a pas de sens. Les émotions (nous nous référons ici aux travaux des neurobiologistes) exercent un impact sur nos comportements et le souci des autres n’est pas totalement absent, tout comme le respect (A. Sen). Si bien que l’individu dont nous discutons et qui s’insère des dans structures pré-établies ou à naître –l’entreprise en l’occurrence – peut aussi être un individu compassionnel ou encore intéressé par ce que nous pourrions appeler « l’intérêt général » ; il peut aussi s’agit de l’individu ayant une perception des autres et du futur si bien que le Développement durable devient envisageable.
Pour accepter cette hypothèse, nous choisissons de discuter les informations contenues dans la théorie Y (Mac Gregor) qui permettent de mieux aborder le rôle de l’individu dans l’entreprise. Et nous pourrons illustrer cette théorie, même imparfaitement, par l’exemple de Toyota qui a su impliquer l’individu dans sa stratégie et ses perspectives.
A l’issue de cela, nous pourrons alors envisager la nouvelle place de l’individu inséré dans un management responsable qui se définit difficilement tant le management apparaît aujourd’hui comme en ébullition, confronté qu’il est à une multitude de concepts qui semblent plus l’égarer que le conforter : responsabilités à l’égard de l’environnement, attention portée au travail des enfants dans le monde, prise en compte du travail forcé, responsabilités en termes de croissance économique, comportements nouveaux à adopter, parité, respect, épanouissement des salariés, etc.
Les entreprises françaises éprouvent quelques difficultés à intégrer l’individu qui, au service de l’économique, exige aujourd’hui que l’économique reprenne sa place initiale et se mette enfin simplement au service des individus dans un objectif différent de la seule recherche du profit. C’est peut-être un changement de paradigme qui guette la science économique…


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